News

Les arts et la culture en danger !

Les arts et la culture en danger !

La culture se meurt en France. Festivals, structures culturelles de tous types et associations s’arrêtent et disparaissent en 2015, et le phénomène touche autant des lieux et événements confidentiels que des manifestations établies, des établissements fréquentés et reconnus. Ce sont les tristes informations que nous révèle cette cartographie interactive, malheureusement en construction continue, qui recense, depuis les élections municipales de mars 2014, les festivals annulés, les structures culturelles qui ont mis la clé sous la porte et les associations qui ont disparu faute de renouvellement de subventions publiques. En tout, fin février dernier, pas moins de 143 sites étaient comptabilisés par la conceptrice de cette « cartocrise », Émeline Jersol, médiatrice culturelle au Boulon, un centre national des arts de la rue situé dans la banlieue de Valenciennes. Arts de rue, danse, arts plastiques et visuels, cinéma, littérature, théâtre, musiques actuelles, aucune discipline artistique n’est en particulier épargnée, même si les arts de rue et de la musique semblent aujourd’hui les plus touchés.

 

A qui la faute ? 

L’énorme majorité de ces annulations et disparitions est due à des choix politiques. En 2015, l’Etat français, tout préoccupé qu’il est par la réduction des dépenses, impose une baisse importante de ses dotations aux collectivités territoriales, de près de 11 milliards d’euros. A ces collectivités ensuite d’arbitrer sur le terrain, et de gérer son budget avec ces dotations en moins. Or, l’expérience montre que c’est la culture qui trinque la première, lorsqu’il est question de coupes budgétaires au sein d’une mairie ou d’une communauté de communes. Et, aux dires d’Émeline Jersol, la conceptrice de cette « cartocrise », la couleur politique des équipes municipales n’entre pas vraiment en ligne de compte dans ces choix, assumés tout autant par la gauche que la droite. Parfois, c’est tout simplement la volonté de nouveaux élus de « faire table rase du passé », suite aux changements de majorité, qui provoque l’abandon de projets fleurissants.

 

Quelle place pour la culture ?

Ces rabotages des budgets culturels, avec les annulations de manifestations et autres dissolutions de lieux dédiés à la culture qui en découlent, provoquent immédiatement  des conséquences en chaîne pour la culture, avec au premier chef la suppression d’emplois administratifs et techniques, mais aussi artistiques. Surtout, c’est la création artistique qui s’en trouve ralentie. D’abord parce qu’il y a moins de lieux pour diffuser les œuvres créées, mais aussi parce qu’avec leur disparition, c’est l’ensemble des activités d’accompagnement des projets artistiques qui disparaît aussi, tel que l’accueil de répétitions et de résidences, la structuration administrative et technique des projets, ou encore, parfois, la production, et donc le soutien financier à ces projets artistiques.

 

Les bienfaits de la culture

La situation est donc inquiétante, et pose tout un tas de questions, évidemment centrales, sur l’évolution de notre société dans ce contexte de crise culturelle, sur la place que l’on accorde à la culture et à la création artistique en général. Les choix budgétaires réalisés depuis mars 2014 révèlent une vision quelque peu faussée de nos décideurs, tant sur la réalité des pratiques culturelles et artistiques de nos concitoyens, que sur les bienfaits d’une vie culturelle et artistique localement riche, sur les rapports humains et sociaux.

Nous pensons en effet que la culture et les pratiques artistiques et culturelles sont fondamentales dans notre société, qu’elles constituent non seulement un maillon essentiel de la vie artistique et culturelle, mais aussi de la vie économique locale et du fameux vivre ensemble. C’est un incontestable vecteur de cohésion sociale, dont le rôle éducatif et citoyen n’est plus à démontrer, touchant l’ensemble des classes sociales et des générations.

C’est ainsi à chacun de s’engager pour fortifier la culture, en diffusant cette « cartocrise » culturelle, en interpellant ses élus respectifs sur les questions et les choix culturels, mais aussi et surtout en sortant : salles de concerts, festivals, lieux d’expositions et scène de théâtre n’attendent plus que vous !

 

 

Un appel à contributions a été lancé par Émeline Jersol : structures comme citoyens peuvent contribuer à cette « cartocrise » en envoyant ses informations sourcées à cartocrise@openmailbox.org.

Comments are closed.