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Le Son du Silence – Appel à Mobilisation

Le Son du Silence – Appel à Mobilisation

Face aux nombreuses annonces de fermetures de lieux et structures culturelles en Île-De-France et ailleurs, Le Pub ADK s’associe à l’appel du RIF et du SMA et reprend ici leur texte :

Le Son du Silence

Aujourd’hui, comme jamais : la musique est partout… Elle pénètre dans tous nos espaces de vie à travers de multiples canaux : concert, radio, télévision, cinéma, ordinateur, tablette, téléphone, etc. Cette abondance stimule en permanence le désir de faire de la musique, de voir des artistes et de se vivre autrement qu’en simple consommateur.

Sans les acteurs que nous sommes (salles, festivals, lieux d’enseignement, radios, producteurs de spectacles et de disques, bars, etc.) et notre ambition d’être au plus près des musiciens et des habitants, ce désir de musique restera lettre morte.

Si nous, qui vous accueillons, recevons des subventions, c’est parce que notre mission est reconnue d’intérêt général, qu’elle cherche l’accessibilité à toutes les bourses et à toutes les tranches d’âges, qu’elle promeut la musique dans sa large diversité et qu’elle rejette toute discrimination.

Aujourd’hui ces aides publiques connaissent une chute dramatique, en trente ans d’histoire de notre secteur, c’est une situation inédite. Les diminutions voire suppressions de subventions se multiplient et nous craignons une nouvelle ère où nos initiatives n’auront plus le droit de cité.
Doit-on renoncer à une politique publique de la culture, de l’éducation ou du social ? Où les artistes vont-ils pouvoir créer, répéter, jouer, rencontrer les publics si ces structures sont contraintes à réduire leur programmation, licencier des salariés, pire, à fermer leurs portes ?

La prise de conscience, le dialogue et la concertation sont plus que jamais une arme dont chacun doit se saisir.

Les cultures populaires ne sont pas qu’un divertissement, elles nous construisent et nous aident, jeunes et moins jeunes, à faire société dans nos différences. Elles peuvent être une préoccupation de nos dirigeants actuels, et de ceux qui bientôt se présenteront à vos suffrages : cela dépend de vous, de nous.

Refusons ensemble cette tragédie annoncée, nous comptons sur vous !

 


 

En Île-de-France (comme malheureusement un peu partout ailleurs), de nombreux lieux et projets culturels sont aujourd’hui menacés par des baisses drastiques et souvent brutales de subventions publiques. Parmi les 220 structures adhérentes de nos réseaux, plusieurs initiatives associatives, équipements, festivals, apportant une réponse forte aux attentes des citoyens en matière d’écoute et de pratique de la musique, ont déjà été balayés d’un revers de main ces derniers mois. Derrière ces structures en danger, ce sont des activités – parfois anciennes de plusieurs dizaines d’années – qui sont rejetées, au grand désarroi des musiciens, des usagers, du public… Ce sont aussi des dizaines d’emplois détruits ou menacés, dans le cadre d’un désolant plan social invisible… Et tout ça dans un silence assourdissant.

 

Parmi les cas les plus critiques :

Association les Zuluberlus à Colombes

Association historique, implantée à Colombes depuis plus de 20 ans, ils portaient sur Colombes un projet mêlant éducation artistique, accompagnement des pratiques amateurs locales et diffusion d’artistes professionnels, dans un souci constant de l’intérêt général, du lien social et du développement de la vie locale.

Après une baisse drastique des aides de la ville allouée à leurs actions, ils sont maintenant menacés d’expulsion de leurs locaux.

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L’association Espace Jeunes à Marly-le-Roi

Là aussi une association qui existe depuis plus de 20 ans, qui gérait un équipement dédié à l’accueil et à l’éducation des jeunes (et moins jeunes !) de Marly, notamment via une importante activité musicale (enseignement, accompagnement, concerts…) sous l’appellation « la Petite Entreprise ».

De manière brutale et sans signes avant-coureurs, la mairie a souhaité « reprendre la main » sur l’activité du lieu, balayant les nombreux avantages et intérêts d’une gestion associative de ce type d’établissement. Une reprise en main dont les conditions n’ont pas encore été vraiment précisées mais qui se fera apparemment sans l’activité musique.

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La MJC d’Herblay

Un cas assez similaire, autant sur le fond (expulsion des locaux, volonté de « reprise en main » par la mairie) que dans la forme (décision que rien le laissait prévoir, sans discussion préalable, sans négociation possible).

Cette fois-ci c’est un projet vieux de 50 ans qui est rayé de la carte, en même temps que plusieurs générations de citoyens accueillis, plusieurs milliers d’heures d’ateliers dispensés, d’écoute attentionnée, de spectacles proposés, de publics accueillis, d’événements initiés, de projets jeunes accompagnés, de partenariats réalisés, de citoyens et bénévoles formés… C’est aussi l’arrêt brutal du projet de la LUCIOLE, l’activité musiques actuelles depuis 1990. Un des derniers bastions de la scène locale, un véritable projet dédié aux artistes émergents qui a toujours fait la part belle à la scène de proximité.

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La MJC de Savigny-sur-Orge

Encore une fois une décision brutale du conseil municipal, qui a décidé de supprimer purement et simplement la subvention de fonctionnement de l’association, encore une fois une volonté de « reprise en main » d’une démarche citoyenne forte de plusieurs dizaines d’années, encore une fois une MJC… L’occasion de dire à quel point le réseau des MJC (acteur historique majeur de l’accompagnement des musiques populaires) semble actuellement dans le viseur…

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Universailles Musiques

Versailles, préfecture des Yvelines : un patrimoine inestimable à la renommée mondiale, un beau château, un conservatoire régional, un centre de musique baroque, près de 90000 habitants, dont une grande part d’étudiants évoluant dans près de 10 lycées, une fac et plusieurs établissements d’études supérieures, vivier de nombreux talents musicaux… Mais où sont les concerts ? Où ses habitants et sa jeunesse peuvent-ils pratiquer et écouter en live les musiques qu’ils aiment, qui les rassemblent, des musiques dites « actuelles » (pop, rock, électro, chanson, reggae…) ? Pour combler ce désert musical, il y avait l’association Universailles Musiques, qui œuvrait entre autres via un festival « Le Potager du rock ». Le Potager du Rock, c’était une vingtaine de groupes, 7 dates dans les bars et 1 clôture sur grande scène en plein air, une trentaine de bénévoles, 1500 spectateurs… et seulement 500€ de subvention municipale. 500€ sur un budget culture de fonctionnement de 8,25M€. Mais comme si ce mépris budgétaire ne suffisait pas, c’est la possibilité même d’organiser le concert en plein air qui a été contestée cette année par les élus, sans aucune raison apparente, donnant un coup fatal à l’association qui a décidé de jeter l’éponge après s’être épuisée pendant plus de 10 ans à porter une initiative citoyenne d’habitants engagés pour faire bouger leur ville et sa jeunesse.

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Au-delà de ces cas dramatiques, qui ont déjà engendré la suppression de dizaines d’emploi, c’est tout un ensemble d’initiatives culturelles qui sont aujourd’hui menacées. Les premiers résultats d’un sondage mené avec d’autres réseaux et fédérations culturels (réunis au sein de l’Ufisc) sont ainsi particulièrement inquiétants :

  • 50% des structures répondantes en Île-de-France ont constaté une baisse des financements publics en 2015
  • Cette baisse représente en moyenne 26% des financements publics, plus de 20% du budget total des structures concernées
  • Plus de 60% de ces structures ont subi une baisse au niveau de leur commune, 16% au  niveau de leur intercommunalité, 24% au niveau de leur département, 24% au niveau de la Région, 20% au niveau de l’Etat.
  • Les conséquences : quelques structures ont fermé ou envisagent de fermer ; pour la majorité : suppression importante d’activités et de personnel.
  • Des baisses de subventions qui se cumule avec d’autres difficultés puisque plus de 30% constatent des baisses d’autres ressources.

Une situation particulièrement inquiétante et qui va avoir des conséquences extrêmement regrettables sur la capacité de répondre sur les territoires à des attentes de plus en plus fortes de la population (apprendre, répéter, se former, découvrir des artistes sur scène… ), sur la diversité artistique (ces initiatives constituent un maillon essentiel de la découverte, de l’accompagnement et de l’émergence des artistes, dans toutes les esthétiques…), en termes de lien social (les cultures populaires ne sont pas qu’un divertissement, elles nous construisent et nous aident, jeunes et moins jeunes, à faire société dans nos différences), mais aussi en matière d’emploi et de développement économique (rappelons que la culture contribue pour 3,2% à la richesse nationale, ce qui la place devant l’industrie automobile et l’agriculture [source Inspection des finances, L’apport de la culture à l’économie française, 2013]).

Et tout laisse à penser que nous n’avons là que les prémices d’une crise qui va s’accentuer en 2016…

Pour éviter cette catastrophe annoncée, la mobilisation de chacun est nécessaire !

 

A suivre également les mobilisations :

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